Une balançoire est encore suspendue au plafond du préau d’un immeuble, à Jamous, dans la banlieue sud de Beyrouth. La façade est endommagée et des vitres menacent de tomber à tout moment. « Vous voyez le sixième ? C’était chez moi, dit Rania Bazzi. Les fondations sont fichues. Il suffirait d’un rien pour que le bâtiment s’écroule. » C’est la conséquence du bombardement d’un édifice mitoyen, qui gît au sol. Alors qu’une trêve est entrée en vigueur vendredi 17 avril, après plus de six semaines de guerre entre Israël et le Hezbollah, les habitants font le constat avec leurs voisins qu’ils ne reviendront pas vivre chez eux.
La banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah et vaste territoire résidentiel de la communauté chiite rassemblant plusieurs quartiers, est de nouveau accessible. Aux entrées, les barrages du mouvement armé allié de Téhéran, mis en place durant la guerre, ont été retirés. De rares habitants y venaient en visite ces dernières semaines.
Le quartier de Jamous a été l’un des plus bombardés par l’armée israélienne. Le danger d’engins non explosés demeure. Des jouets d’enfants émergent d’une montagne de débris. Un immeuble élevé, où une succursale d’Al-Qard Al-Hassan, la société de microcrédit du Hezbollah, une infrastructure civile selon les organisations de défense des droits humains, occupait un étage, est à terre.
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