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Au Liban sud, le retour des déplacés dans leurs villages bombardés : « On va reconstruire à nouveau, les propriétaires de la terre sont toujours vainqueurs »

Avec la trêve, les habitants du sud du pays, bastion du Hezbollah, découvrent en revenant dans leurs villages les destructions provoquées par les frappes israéliennes.

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Au Liban sud, le retour des déplacés dans leurs villages bombardés : « On va reconstruire à nouveau, les propriétaires de la terre sont toujours vainqueurs »
Source: Le Monde

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ReportageAvec la trêve, les habitants du sud du pays, bastion du Hezbollah, découvrent en revenant dans leurs villages les destructions provoquées par les frappes israéliennes.

Un homme ne quitte pas des yeux le tas de gravats, planté d’un drapeau du Hezbollah, que le bulldozer retourne à la recherche de corps. Les yeux embués de larmes, il est mutique. « Il pense que son fils est sous les gravats. Il y avait là un immeuble de trois étages. Là, un autre. Ils ont été frappés par Israël, il y a dix jours. Il y a une heure, on a retiré un corps. Sous un autre immeuble, là-bas, se trouve son deuxième fils. Ils avaient 23 ans et 25 ans. Ils étaient des combattants », dit Ali Hamdane, un voisin.

A minuit, jeudi 16 avril, à l’entrée en vigueur du cessez-le-feu décrété entre Israël et le Liban, sous l’égide des Etats-Unis, l’homme de 55 ans a pris sa voiture en direction d’Arnoun, son village du Liban sud, fief du Hezbollah, laissant sa femme et ses enfants dans l’appartement qu’il loue à Saïda. Avant que ne se forment, dans la matinée, les embouteillages créés par le retour de milliers de déplacés du Sud, cet employé du ministère de la culture est venu, avec d’autres hommes du village, évaluer les dégâts laissés par 46 jours de guerre.

Arnoun est sens dessus dessous. Les routes sont jonchées de gravats. Des fils électriques pendent, sectionnés, aux poteaux. « Quarante maisons sont entièrement détruites et 150 endommagées sur les 500 du village. C’est moins que durant la guerre de 2024 : 60 maisons avaient été détruites et près de 400 endommagées. On va reconstruire à nouveau. Les propriétaires de la terre sont toujours vainqueurs », dit Ali Hamdane. Deux de ses maisons sont détruites, une troisième est endommagée. Dans l’immédiat, Arnoun n’est pas habitable. Il n’y a plus d’eau ni d’électricité. « C’était une ligne de front », explique-t-il. Dix hommes y sont tombés en « martyrs ».

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Le Monde

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