Encore raté. En proposant un « amendement de compromis », qui laissait aux collectivités locales le libre choix de maintenir ou de supprimer les zones à faibles émissions (ZFE), le gouvernement pensait pouvoir sauver in extremis l’un des marqueurs environnementaux du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Las. Mardi 14 avril, les députés ont non seulement rejeté l’amendement du gouvernement, mais ils ont voté la loi de simplification de la vie économique qui abroge les ZFE.
« Nous avons remporté une immense victoire contre l’écologie punitive », se félicite le député (Rassemblement national, RN) du Gard Pierre Meurin, qui mène la fronde depuis 2022 contre les ZFE, accusées de favoriser la « ségrégation sociale ». Même accent triomphal du côté de la puissante association 40 millions d’automobilistes et de son président, Philippe Nozière : « C’est une victoire pour la démocratie et pour tous ceux qui refusent d’être exclus de nos centres-villes, faute de moyens. » A moins d’un coup de théâtre, les sénateurs devraient à leur tour confirmer ce vote, mercredi 15 avril.
Présentées comme une « dynamique irréversible » lors de leur instauration, fin 2018, par Elisabeth Borne, alors ministre des transports, les ZFE visaient initialement à restreindre progressivement la circulation des véhicules les plus polluants dans les villes soumises à des dépassements réguliers des normes de qualité de l’air, comme Paris, Lyon ou Marseille. La loi Climat et résilience de 2021 a ensuite prévu de les étendre à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants à partir du 1er janvier 2025. Mais, dans les faits, seules 25 métropoles en ont déployé à ce jour.
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