Le député Raphaël Arnault (La France insoumise, LFI) a affirmé, mercredi 1er avril, vouloir « poursuivre [son] mandat ». Le cofondateur de la Jeune Garde, un mouvement antifasciste dissous en juin 2025 par le gouvernement, s’exprimait publiquement pour la première fois depuis la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, dans laquelle certains de ses proches sont mis en cause.
Dans un entretien au média en ligne Blast, le député du Vaucluse a décrit sa « volonté (…) de retourner au travail ». Il a d’ailleurs été aperçu cet après-midi à l’Assemblée nationale. S’il n’est pas personnellement mis en cause dans la mort de Quentin Deranque, il a fait l’objet d’appels à la démission de la part d’élus, allant de l’extrême droite jusqu’à des dirigeants de gauche, en raison de la présence d’un de ses assistants parlementaires parmi les mis en cause.
« C’est à lui de juger s’il peut représenter la nation », a réagi devant la presse la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet. « J’estime qu’il est difficile d’exercer la fonction de député lorsqu’on a ce type d’accointances politiques et personnelles », ajoute-t-elle. Ce retour est « parfaitement scandaleux », a assuré le député macroniste Pierre Cazeneuve. Il « a toute sa place » à l’Assemblée, a rétorqué la cheffe de file des députés « insoumis », Mathilde Panot.
L’élu, qui ne s’était pas exprimé publiquement depuis l’affaire en dehors de quelques messages sur ses réseaux sociaux, raconte avoir reçu des menaces de mort, qui « ont expliqué en partie [son] silence », mais aussi « énormément de messages » qui le « sollicitent pour [son] travail de député », notamment pour qu’il intervienne contre des fermetures de classes dans des écoles maternelles et primaires.
« Je n’avais pas la sensation que prendre la parole dans ce moment aurait été très opportun pour apaiser les choses. J’avais une peur affreuse qu’il y ait une violence qui s’embrase dans le pays à ce moment-là », a-t-il expliqué pour justifier son silence médiatique.
« Je n’étais pas au courant, évidemment, de ce qui allait se produire »
« Je n’étais pas présent évidemment sur les lieux » de la mort de Quentin Deranque, en février à Lyon, en marge d’une conférence de l’eurodéputée (LFI) Rima Hassan, a tenu à rappeler M. Arnault, qui se trouvait à l’Assemblée. « Je n’étais pas au courant, évidemment, de ce qui allait se produire, de ce qui s’était produit », a-t-il ajouté.
Le député a aussi déploré « l’inversion des valeurs » consistant à « faire croire que l’ennemi ce serait l’antifascisme », insistant sur la longue histoire de la violence de l’extrême droite à Lyon. Il a également estimé que le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait été « d’une indécence immense » en mettant la responsabilité sur « La France insoumise, qui manifestement, évidemment, n’a rien à voir avec cette affaire ». Selon le député, « le seul tort » du parti est « d’avoir gardé une boussole et de ne pas avoir cédé sur des positions qui devraient faire l’unanimité à gauche ».
« Si certains pensent qu’en détruisant un outil comme la Jeune Garde ou en effaçant une députation, par exemple, la mienne, il n’y aurait plus d’antifascisme, ils se mettent le doigt dans l’œil », a prévenu M. Arnault.
Dans l’affaire de la mort de Quentin Deranque, neuf personnes ont jusqu’ici été mises en examen. Quelques-uns ont reconnu avoir frappé Quentin Deranque ou « d’autres victimes », mais tous nient avoir eu l’intention de le tuer, selon le procureur de Lyon.