Aller au contenu
Advertisement

Santé mentale au travail : où en est la France ?

La définition de la santé mentale reste très large dans l’Hexagone, ce qui laisse la main aux entreprises pour lister les risques psychosociaux, détaille Jules Thomas, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

schedule 04:00 visibility 51 vues
Santé mentale au travail : où en est la France ?
Source: Le Monde

Carnet de bureau. La santé mentale a été une nouvelle fois choisie par le gouvernement comme grande cause nationale pour 2026, et la souffrance psychique au travail fait actuellement l’objet d’une mission d’information au Sénat. Il y a urgence : la courbe des accidents du travail et des maladies professionnelles en lien avec des affections psychiques continue de grimper.

Santé mentale, « risques psychosociaux »… De quoi parle-t-on exactement ? L’observatoire européen des risques professionnels Eurogip a publié, le 24 mars, un rapport qui analyse la manière dont douze pays abordent la question des risques psychosociaux au travail et encouragent la prévention.

En matière de législation et d’obligation des employeurs, la France est l’un des premiers pays, au cours des années 2000, à avoir considéré que l’employeur devait prendre des mesures pour assurer la santé physique et mentale de ses salariés. « La santé mentale, c’est un peu le sujet du XXIe siècle, explique Annarita Piazza, autrice du rapport. Ces quinze dernières années, notamment après le Covid-19, des pays comme le Danemark, l’Australie ou le Canada (au Québec) ont publié des textes forts sur la responsabilité de l’employeur sur le plan psychique. »

La Belgique ou l’Australie ont même intégré dans la loi des listes de risques psychosociaux, c’est-à-dire des « risques pour la santé physique et mentale des salariés, qui dépendent de facteurs tels que la charge mentale, les conditions de travail, la sécurité de l’emploi, les relations interpersonnelles aussi », précise Mme Piazza.

Nombreuses difficultés psychologiques

Le rapport d’Eurogip met aussi en avant certaines bonnes pratiques en matière de prévention. En Suède, où l’on parle d’« environnement organisationnel et social » plutôt que de risques psychosociaux, « même en amont de l’évaluation des risques, il faut que l’employeur s’assure que tous ses manageurs aient les connaissances suffisantes sur l’environnement et les facteurs de risque tels que la charge et le temps de travail excessifs ou les actes offensants », ajoute la chercheuse. En Belgique, toutes les entreprises doivent avoir en leur sein un « conseiller en prévention aspects psychosociaux », et des « personnes de confiance » à qui l’on puisse se confier de manière formelle ou informelle.

Il vous reste 35.5% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

newspaper

Originally published at

Le Monde

open_in_new Read Full Article

Articles connexes

Lire la suite