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Après sa rencontre avec Mark Rutte, Donald Trump réitère ses critiques contre l’OTAN

« L’OTAN n’était pas là quand nous avions besoin d’eux », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, à la suite de son entretien avec le secrétaire général de l’Alliance atlantique.

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Après sa rencontre avec Mark Rutte, Donald Trump réitère ses critiques contre l’OTAN
Source: Le Monde

Washington a reproché, mercredi 8 avril, aux Etats membres de l’OTAN d’avoir « tourné le dos » aux Etats-Unis par un manque de soutien dans la guerre contre l’Iran, juste avant une rencontre entre le président américain, Donald Trump, et le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte.

Ce dernier est arrivé à la Maison Blanche discrètement, mercredi en milieu d’après-midi, et en est reparti tout aussi discrètement deux heures et demie plus tard.

« Ils ont été mis à l’épreuve, et ils ont échoué, avait déclaré à propos des membres de l’OTAN avant l’arrivée de M. Rutte la porte-parole de M. Trump, Karoline Leavitt, disant citer directement le président. J’ajouterais qu’il est assez triste que l’OTAN ait tourné le dos aux Américains au cours des six dernières semaines, quand ce sont les Américains qui financent leur défense. » Interrogée pour savoir si le président américain envisage de quitter l’Alliance atlantique, comme il a menacé de le faire, elle a répondu que c’était « quelque chose dont [il] discute et je pense qu’il en discutera tout à l’heure avec le secrétaire général » de l’OTAN.

Entrevue « très franche »

« L’OTAN n’était pas là quand nous avions besoin d’eux, et ils ne seront pas là si nous avons de nouveau besoin d’eux. Rappelez-vous du Groenland, ce gros morceau de glace mal géré », a écrit dans la soirée Donald Trump sur sa plateforme, Truth Social, après sa rencontre avec Mark Rutte. Le président américain menace depuis des mois de quitter l’Alliance atlantique.

Après une entrevue « très franche » avec Donald Trump, Mark Rutte a donné une interview à CNN. La chaîne lui a demandé notamment si des pays de l’OTAN avaient effectivement failli : « Quelques-uns, oui, mais une large majorité de pays européens, et c’est ce dont nous avons discuté aujourd’hui, ont fait ce qu’ils avaient promis », a-t-il souligné.

Questionné pour savoir si le monde était plus sûr aujourd’hui qu’avant le début de la guerre, le Néerlandais a répondu : « Absolument, parce que – et cela grâce au leadership du président Trump – il est très, très important de dégrader [les] capacités » militaires de l’Iran.

Selon le Wall Street Journal, l’administration Trump réfléchirait à retirer des troupes aujourd’hui stationnées dans des pays qui n’ont pas soutenu l’offensive militaire contre l’Iran, pour les déplacer vers ceux qui sont jugés plus coopératifs.

Mark Rutte, « un type génial »

Mark Rutte s’est aussi entretenu avec le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio. Leurs discussions ont porté sur les opérations militaires contre l’Iran, la guerre en Ukraine et le renforcement de la coordination et du « transfert de charges » avec les alliés de l’OTAN, selon un communiqué d’un porte-parole du département d’Etat, Tommy Pigott.

Les Etats-Unis occupent un rôle militaire central au sein de l’OTAN depuis sa création en 1949, mais ont obtenu en 2025 une forte augmentation des dépenses de défense des autres membres de l’Alliance d’ici à 2035.

Face à Donald Trump, Mark Rutte aura essayé de jouer de sa relation personnelle avec le président américain pour tenter d’apaiser ses critiques acerbes envers l’organisation. Le locataire de la Maison Blanche ne tarit pas d’éloges sur le patron de l’OTAN – « un type formidable, génial », selon lui – mais fustige les Européens pour leur refus d’aider les Etats-Unis et Israël dans leur offensive contre l’Iran.

Selon un responsable de l’Alliance atlantique, cette visite aux Etats-Unis était prévue « de longue date » et la rencontre avec le président américain visait à « tirer parti du succès du sommet de l’OTAN à La Haye », l’an passé, lorsque les pays membres se sont engagés – sous la pression de Donald Trump – à augmenter leurs dépenses militaires. Outre le renforcement de la coopération transatlantique en matière d’industrie de défense, les deux responsables devaient « discuter de la dynamique sécuritaire actuelle, dans le contexte de l’Iran ainsi que de la guerre de la Russie contre l’Ukraine », a-t-il précisé.

Mark Rutte se livre depuis des mois à un exercice d’équilibriste entre les invectives du président américain à l’encontre des alliés européens, qu’il a, entre autres, qualifiés de « lâches », et le souci de les défendre sans fâcher Donald Trump. Cet exercice est devenu particulièrement difficile depuis le lancement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, fin février, en raison de la frustration du président américain face à ce qu’il considère comme une dérobade des Européens.

Donald Trump a notamment réclamé leur aide pour sécuriser le détroit d’Ormuz, où passe un cinquième du pétrole consommé dans le monde. Le cessez-le-feu obtenu mardi par le Pakistan prévoit que l’Iran rouvre ce passage maritime stratégique, que Téhéran bloque de facto depuis le début de la guerre.

Jeudi, M. Rutte prononcera un discours et participera à un débat organisé par le Ronald Reagan Presidential Foundation Institute. De vendredi à dimanche, il se joindra à la réunion annuelle du groupe Bilderberg, qui rassemble des dirigeants politiques et économiques européens et nord-américains.

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Le Monde

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