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Pourquoi la hausse du prix des billets d’avion va être durable, même après la trêve en Iran

Avec la flambée phénoménale du kérosène, Air France-KLM a récemment doublé sa surcharge carburant mise en place au début du conflit. Partout, les prix des billets ont bondi, des dessertes ont été annulées, et la peur de manquer de « jet fuel » s’est...

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Pourquoi la hausse du prix des billets d’avion va être durable, même après la trêve en Iran
Source: Le Monde

Deux hausses de prix en deux semaines. Après une première surcharge carburant annoncée le 12 mars, qui se montait à 50 euros pour un aller-retour en long-courrier en classe économique, Air France-KLM a doublé cette « surtaxe » en raison du contexte au Moyen-Orient. « Air France et KLM ont augmenté leurs tarifs, a expliqué au Monde, mardi 7 avril, un porte-parole du groupe aérien. Sur les vols longs-courriers, pour les billets émis depuis le 26 mars 2026, en classe économique, les tarifs ont augmenté de 100 euros aller-retour (70 euros sur les vols vers les Etats-Unis, le Canada et le Mexique). »

Ce cas est loin d’être isolé. Car c’est à un choc énergétique d’ampleur qu’a dû faire face en un temps record l’ensemble du transport aérien. Le prix du kérosène a fait un bond phénoménal – le double de celui du pétrole – depuis l’attaque américano-israélienne du 28 février en Iran : + 115 % au 6 avril. Autant dire une déflagration économique : lorsqu’il ne coûtait qu’environ 90 euros le baril avant le conflit, le « jet fuel » représentait déjà 20 % à 30 % des coûts des compagnies.

La réouverture du détroit d’Ormuz pendant la trêve de deux semaines annoncée mardi 7 avril par le président américain, Donald Trump, va alléger cette pression. Mais avec un baril de pétrole brut qui oscillait entre 90 et 95 dollars (entre 77 et 81 euros) mercredi 8 avril, le prix du kérosène devrait demeurer au-dessus des 150 dollars le baril, des niveaux bien supérieurs aux hypothèses sur lesquelles les compagnies avaient construit leurs budgets.

Politiques commerciales « alignées »

Dans ce contexte, le retour à la normale prendra « plusieurs mois », même en cas de réouverture durable du détroit, a averti mercredi Willie Walsh, le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), principal groupement mondial de compagnies aériennes.

C’est donc sur le tarif payé par les passagers que l’effet est le plus sensible. Et durable. « Dans le secteur, on utilise la métaphore de la fusée et de la plume, explique Paul Chiambaretto, professeur de marketing et stratégie à la MBS School of Business et directeur de la chaire Pégase, spécialisée dans le transport aérien. Quand le kérosène est en hausse, les prix des billets s’envolent à toute vitesse, comme une fusée. Quand il baisse, ces mêmes prix redescendent très lentement, comme une plume. »

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