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DécryptageAlors qu’Israël multiplie au Liban les frappes meurtrières et les ordres d’évacuation, le spectre d’une invasion revient hanter les Libanais. Le sud du pays, aujourd’hui bastion du Hezbollah pro-iranien, obsède l’Etat hébreu et le mouvement sioniste depuis plus d’un siècle.
Là où il prend sa source, dans la vallée de la Bekaa, le Litani est profond, vif et bleuté. Après avoir traversé le Liban vers le sud, il ralentit à l’approche de Tyr (Sour), où il se jette dans la Méditerranée. Sous l’effet de la pollution, ses eaux prennent parfois, en été, une teinte boueuse à l’odeur fétide. Plus long fleuve entièrement libanais, il est essentiel à la fourniture d’eau potable, à l’agriculture et à l’électricité du pays.
Le Litani est aussi un enjeu stratégique majeur. Pour Israël, dont la frontière longe en partie le cours inférieur du fleuve, il est à la fois une ressource convoitée et une ligne de sécurité obsessionnelle. Entre celui-ci et la frontière, les habitants du Liban sud vivent dans un territoire de tout temps négligé par Beyrouth, rongé par près d’un siècle de combats. La guerre y structure le quotidien.
Aujourd’hui, cette région est de nouveau dévastée, la population contrainte à l’exil. Originaire du village d’Aïnata, Hassan Ayoub, médecin de 62 ans, incarne la mémoire de trois générations abîmées par le conflit. Son père, Ali, communiste engagé aux côtés des Palestiniens, a été tué en 1972, lors d’affrontements avec Israël. Sa mère, Zeinab, est morte sous les bombardements de l’été 2006. Il a vu deux fois son village natal réduit à l’état de ruines et se dit prêt à reconstruire sa maison, une fois de plus, si l’avenir le permet.
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