L’Ukraine a été attaquée par 219 drones russes pendant la nuit de vendredi à samedi. Les défenses anti-aériennes ukrainiennes affirment avoir abattu ou neutralisé 190 de ces appareils. De leur côté, les Russes ont déclaré avoir intercepté plus de 250 drones ukrainiens dans la nuit.
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La fusillade et la prise d’otages survenues samedi à Kiev qualifiées d’acte terroriste
« Une procédure pénale a été ouverte en vertu de l’article 258, paragraphe 3, du code pénal ukrainien (acte terroriste ayant entraîné la mort de personnes) », écrit le service de sécurité d’Ukraine (SBU) dans un communiqué, sans plus de précision sur l’enquête menée sous la direction du parquet de Kiev.
Une victime du tireur de Kiev succombe à ses blessures
Une femme d’une trentaine d’années touchée lors de la fusillade qui a éclaté samedi dans un supermarché de Kiev a succombé à ses blessures à l’hôpital, ce qui porte le bilan à six morts et neuf blessés, rapporte Vitali Klitchko, maire de la ville, sur Telegram.
Les médecins ont également porté secours sur place à six victimes, dont un enfant de quatre mois intoxiqué par du monoxyde de carbone dans un appartement voisin de celui qui a été incendié par le tireur, précise-t-il.
A Kiev, un homme ouvre le feu faisant cinq morts, l’assaillant abattu dans un supermarché où il retenait des otages
Un homme a ouvert le feu samedi dans le raïon de Demiïvka, dans la capitale ukrainienne, faisant cinq morts et dix blessés, selon les autorités ukrainiennes.
« Le tireur a été tué lors de son arrestation à Kiev » dans le supermarché où il s’était retranché, a précisé le ministre de l’intérieur, Ihor Klymenko, sur Telegram.
Les forces de l’ordre ont tenté de l’interpeller dans le supermarché où il « avait pris des otages et tiré sur la police », selon le ministre. S’adressant à la presse sur place, il a ensuite déclaré que les agents avaient tenté de négocier « pendant près de quarante minutes » et que l’ordre de tirer avait été donné « après qu’il a tué un otage ».
« Dix personnes ont été hospitalisées pour des blessures et des traumatismes. Elles reçoivent toutes l’assistance nécessaire. Quatre otages ont été libérés », a annoncé Volodymyr Zelensky, en adressant ses « condoléances aux familles et aux proches » des cinq personnes tuées.
« Les circonstances exactes de l’incident sont en cours d’investigation », a précisé le président ukrainien. Aucune information n’a été communiquée quant à un éventuel lien entre cet acte et la guerre qui fait rage en Ukraine depuis quatre ans.
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a fait état de 15 blessés dont 10 ont été hospitalisées. Le procureur général, Ruslan Kravchenko, a fait savoir dans un communiqué que le suspect est « un homme de 58 ans né à Moscou ».
« Il n’y a pour l’instant aucune confirmation qu’il avait la citoyenneté russe », a par la suite déclaré à l’Agence France-Presse la porte-parole du ministère de l’intérieur, Mariana Reva.
Il aurait d’abord ouvert le feu dans la rue, « après quoi il s’est barricadé à l’intérieur d’un supermarché et a pris des otages », selon le procureur. « D’après les informations préliminaires, il a utilisé une arme automatique. En même temps, un incendie s’est déclaré dans l’appartement où l’assaillant était enregistré » comme résident, ajoute-t-il. Une photo jointe au communiqué montre le corps d’une personne allongée dans une allée de magasin, couverte de sang et une arme à ses pieds.
📷 A Kiev, les images de la cérémonie d’adieu au jeune Maksym Verechouchk tué lors d’une attaque aérienne russe ayant fait au moins 18 victimes, dont plusieurs enfants
Un mort à Donetsk et des dizaines de blessés dans des attaques russes dans le nord et l’est de l’Ukraine
Un civil a été tué et des dizaines d’autres blessés lors d’attaques russes menées pendant la nuit à travers l’Ukraine, ont déclaré samedi des responsables locaux.
Une personne a été tuée lors d’une frappe sur Mykolaïvka, dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, a déclaré le dirigeant local Vadym Filachkine dans un message publié sur Telegram.
D’autres responsables ont fait savoir qu’au moins 26 personnes avaient été blessées lors d’attaques menées dans le nord et l’est de l’Ukraine, notamment lors d’une frappe contre des infrastructures portuaires dans la ville d’Odessa.
Blessé dans une attaque de drone dans le Donbass, le jeune photographe ukrainien George Ivanchenko capture les moments intimes de sa reconstruction personnelle.
Quelque 380 000 personnes privées d’électricité dans l’oblast de Tchernihiv
Une installation énergétique importante a été endommagée par les bombardements russes de la nuit dernière dans le district de Nijyn, dans l’oblast de Tchernihiv, laissant 380 000 abonnés privés d’électricité, annonce la compagnie Tchernihivoblenergo. Dans la ville même de Tchernihiv, 25 000 abonnés en sont privés. « Les services d’électricité travaillent à rétablir l’approvisionnement en électricité », assure la compagnie.
Andrii Sybiha : « Zelensky est prêt à rencontrer Poutine. La question c’est : pourquoi se cache-t-il ? »
Le ministre des affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, a été interrogé, en marge du forum diplomatique d’Antalya, en Turquie, à propos de la possibilité d’une rencontre directe entre les dirigeants russe et ukrainien, dans le cadre de négociations.
« [Volodymyr] Zelensky est prêt à rencontrer [Vladimir] Poutine. La question c’est : pourquoi se cache-t-il ? », a répondu le chef de la diplomatie ukrainienne, cité par RBK-Ukraine.
Un incendie maîtrisé dans le port de Vyssotsk, annonce le gouverneur de Leningrad
Dans l’oblast russe de Leningrad, autour de Saint-Pétersbourg, le gouverneur Alexandre Drozdenko a fait savoir qu’un incendie s’était déclaré dans le port de Vyssotsk, qui abrite un terminal d’exportation d’hydrocarbures exploité par Lukoil. Celui-ci « a été entièrement éteint », a-t-il précisé samedi matin.
Au total, les défenses antiaériennes ont abattu 27 drones ennemis au-dessus de ce territoire pendant la nuit, a-t-il ajouté.
Trois personnes blessées à Kharkiv et une à Odessa, où des installations portuaires ont été endommagées, selon les autorités locales
Les autorités locales font état des conséquences des attaques de la nuit en Ukraine, au cours de laquelle l’armée de l’air fait état d’attaques à l’aide de 219 dones.
La Russie dit avoir intercepté et détruit 258 drones ukrainiens pendant la nuit
Selon le ministère de la défense russe, les forces de défense antiaériennes ont intercepté et détruit 258 drones ukrainiens, dans la nuit de vendredi à samedi, au-dessus des territoires d’Astrakhan, de Belgorod, de Briansk, de Volgograd, de Voronej, de Koursk, de Leningrad, de Novgorod, de Pskov, de Rostov, de Samara, de Saratov, de Smolensk, de Tambov, d’Oulianovsk, du kraï de Krasnodar, de la République de Crimée et au-dessus des eaux de la mer d’Azov et de la mer Noire.
La veille, la Russie avait rapporté l’interception de 62 drones.
L’usine pétrochimique de Novokouïbychevsk et la raffinerie de Syzran attaquées dans l’oblast russe de Samara, selon le gouverneur local
L’oblast russe de Samara a été attaqué pendant la nuit, a annoncé Viatcheslav Fedorichtchev, gouverneur de l’oblast, samedi matin. En particulier, l’usine pétrochimique de Novokouïbychevsk et la raffinerie de Syzran, qui traite jusqu’à 8,9 millions de tonnes de pétrole par an et contribue à l’effort logistique russe, ont été visées et « des impacts ont été signalés » sur ces deux sites, a-t-il fait savoir, précisant que l’attaque se poursuivait, peu avant 9 heures. « Il n’y a pas de victimes », assure-t-il.
De nombreuses photos et vidéos circulent sur les réseaux sociaux, montrant des vols de drones et un important incendie dans une zone industrielle de Novokouïbychevsk. Les images montrent aussi une imposante colonne de feu et de fumée près de la raffinerie de pétrole de Syzran.
La Russie a attaqué l’Ukraine avec 219 drones au cours de la nuit, selon la défense aérienne
L’armée de l’air ukrainienne a annoncé que l’Ukraine avait été attaquée par 219 drones russes pendant la nuit de vendredi à samedi. Les défenses antiaériennes ukrainiennes ont abattu ou neutralisé par brouillage électronique 190 de ces appareils dans le nord, le sud et l’est du pays, poursuit-elle.
Par ailleurs, 28 drones ont touché 17 sites, tandis que des débris d’engins interceptés sont tombés en 9 endroits, a précisé l’armée de l’air ukrainienne.
Washington décide de prolonger la suspension de certaines sanctions sur le pétrole russe
Le département du Trésor américain a prolongé temporairement vendredi, jusqu’au 16 mai, la suspension de la majorité des sanctions visant l’industrie pétrolière russe, une décision qui survient alors que la reprise via le détroit d’Ormuz a entraîné une forte baisse des cours du pétrole.
La décision concerne l’ensemble des opérations liées à l’embarquement et la livraison de pétrole provenant de Russie, et s’applique également aux navires de la flotte fantôme russe jusqu’ici sous sanctions. Seule limite, les transactions avec l’Iran, la Corée du Nord, Cuba, ainsi que les régions ukrainiennes occupées, dont la Crimée, restent interdites.
Le gouvernement américain avait déjà levé temporairement les sanctions concernant le pétrole russe stocké en mer, avec pour but d’atténuer l’envolée des prix du pétrole. Mais le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a assuré mercredi que cette suspension ne serait pas prolongée au-delà de la période initiale. « Nous ne renouvellerons pas la licence sur le pétrole russe », avait-il affirmé en conférence de presse.
Le gouvernement américain impose des sanctions sur les ressources pétrolières de la Russie et de l’Iran afin d’assécher les recettes des autorités de ces pays. Il s’agit de punir Moscou pour l’invasion de l’Ukraine et l’Iran pour la poursuite de son programme nucléaire et le financement de groupes armés comme le Hezbollah libanais.
Mais Washington a mis en place en mars une dérogation temporaire pour que le pétrole de ces pays puisse être vendu afin de modérer la flambée des cours consécutive à la guerre au Moyen-Orient.
De nouvelles routes et positions d’artillerie sont en cours d’installation en Biélorussie le long de la frontière nord de l’Ukraine, affirme Volodymyr Zelensky
« Nous pensons que la Russie tentera une fois de plus d’entraîner la Biélorussie dans sa guerre », a ajouté le président ukrainien sur Telegram.
« La Biélorussie a été une base-clé pour l’invasion à grande échelle de la Russie en 2022, permettant l’utilisation de son territoire pour le déplacement des troupes, les lancements de missiles et les attaques de drones contre l’Ukraine », rappelle le Kyiv Independent.
Le point sur la situation vendredi 17 avril à 21 heures
Les Russes concentrent des forces au sud de Myrnohrad, selon l’armée ukrainienne
« Les troupes russes accumulent des ressources au sud de Myrnohrad [dans la région de Donetsk], en utilisant les zones résidentielles comme abris », a déclaré Volodymyr Polevyi, responsable des communications du 7e corps de réaction rapide des forces aéroportées ukrainiennes, cité par Radio Free Europe-Radio Liberty. Le projet DeepState confirmait, mercredi, que les Russes accumulaient des fantassins et de l’artillerie au sud de Myrnohrad, une zone difficile d’accès pour les drones ukrainiens.
Selon Volodymyr Polevyi, les Russes bénéficient actuellement d’un avantage dans les zones urbaines de Pokrovsk et de Myrnohrad, où les bâtiments offrent une protection accrue. Il a souligné que la configuration urbaine compliquait les frappes des drones ukrainiens, les immeubles agissant « comme des montagnes » qui entravent la visibilité et protègent la logistique russe. Les systèmes de défense aérienne russes limitent également l’efficacité des drones de reconnaissance.
Dans un message sur les réseaux sociaux, le général Oleksandr Syrsky, commandant de l’armée ukrainienne, a annoncé mercredi que les forces russes avaient intensifié leurs opérations offensives sur la quasi-totalité des 1 200 kilomètres de ligne de front, à la faveur d’une amélioration des conditions météorologiques.
Colis piégés expédiés de Lituanie : un réseau prorusse jugé pour terrorisme et sabotage en Europe
Un tribunal a rouvert vendredi à Vilnius une affaire de terrorisme partiellement classée, liée à des colis contenant des explosifs expédiés à travers l’Europe à partir de la Lituanie dans le cadre d’une opération menée sous influence russe. « Au cours des audiences, des données du département de la sécurité d’Etat et du deuxième service d’enquête concernant des personnes identifiées et recherchées pourraient être divulguées », a dit le procureur Sarunas Astrauskas au tribunal, cité par l’agence BNS. Il a ajouté que d’autres membres présumés d’un groupe terroriste étaient recherchés et qu’une enquête distincte était en cours concernant les organisateurs.
Cinq personnes sont accusées d’avoir collaboré avec le GRU, le service de renseignement militaire russe, pour préparer et expédier des colis auto-inflammables en passant par DHL et DPD, lesquels ont provoqué des incendies en Allemagne et au Royaume-Uni en juillet 2024. En juillet 2024, un ressortissant lituanien et des complices « ont utilisé les services de livraison et de transport des sociétés DHL et DPD et ont expédié de Vilnius quatre colis contenant des engins explosifs incendiaires artisanaux », selon l’accusation.
Trois des colis ont été expédiés par les entreprises et ont ensuite explosé respectivement en Allemagne, en Pologne et au Royaume-Uni. Le quatrième a été intercepté par les autorités et n’a pas explosé, en raison d’un dysfonctionnement du dispositif. Les enquêteurs ont découvert que deux colis tests avaient été envoyés aux Etats-Unis et au Canada, tandis que deux autres, destinés à ces pays, ont été retrouvés à Amsterdam.
Une équipe d’enquête conjointe a été créée au sein de l’unité de coopération judiciaire de l’Union européenne (Eurojust). Elle est composée de représentants de la Lituanie, de la Pologne, de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, et bénéficie du soutien de l’Estonie, de la Lettonie, des Etats-Unis, du Canada et d’Europol. Selon leur enquête, 22 individus auraient agi pour le compte des services de renseignement russes.
L’Eurojust affirme que les suspects ont été recrutés par le biais de plateformes de messagerie en ligne. Les enquêteurs pensent que les personnes recrutées pour ces opérations, issues de milieux défavorisés, résident en Lituanie, en Pologne, en Russie, en Ukraine et en Lettonie.
Cinq suspects sont jugés dans le cadre de l’affaire de sabotage en Pologne, tandis que cinq autres font l’objet de mandats d’arrêt internationaux.
Selon un rapport du Centre international de lutte contre le terrorisme, la Pologne est le pays le plus ciblé par les campagnes de sabotage russes en Europe. La Lituanie et l’Allemagne se partagent la troisième place.