« Ç’a été une déflagration », résume Erika (tous les prénoms ont été modifiés) au moment d’évoquer sa « mini première fois ». Motif du diminutif ? Le cadre atypique de cette initiation sexuelle : Les Sims 2. Un jeu vidéo, édité en 2004 et conçu à la manière d’une simulation de vie, où il est possible de piloter le quotidien de ses avatars – les Sims, donc.
« En tant que lycéenne un peu coincée, la première Sims que j’ai créée était un idéal. Une “cool girl” qui devait être incarnée comme une bourreau des cœurs hypersociable, pour “finir” la partie », se souvient-elle. Afin d’atteindre cet objectif, Erika multiplie les rapprochements, notamment avec une Sims non jouable – un personnage secondaire, que le joueur ne contrôle pas directement. Rapidement, leur complicité grimpe en flèche. Au point que, parmi le catalogue d’interactions permises par l’interface de dialogue (« flirter », « blaguer », « danser avec »…), apparaît une nouvelle option : « faire crac-crac ». « En langage sims, c’est la façon de dire pour faire l’amour, traduit Erika. J’étais persuadée que seuls les rapports hétérosexuels étaient incorporés dans le jeu, alors voir qu’il y avait d’autres possibilités m’a sidérée – et rendue curieuse. »
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