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ReportageEn Nouvelle-Aquitaine, un hub européen de recyclage de terres rares et de production d’aimants permanents sort de terre. Un enjeu de souveraineté pour les Occidentaux face au monopole chinois, et un moyen pour ce territoire béarnais de renouer avec son âge d’or industriel.
C’est au pied des Pyrénées, à une vingtaine de kilomètres de Pau, dans ce coin du Béarn plus connu pour le rugby ou la mémoire d’Henri IV, que se joue peut-être une partie de l’avenir industriel de l’Occident. Ces terres, dont le sous-sol a fourni à la France du gaz naturel pendant près d’un demi-siècle, pourraient devenir une nouvelle « vallée des aimants » à l’échelle européenne, comme Dunkerque tente de s’imposer comme une « vallée de la batterie électrique ».
Une filière d’exploitation d’aimants permanents y est en développement. Ces composants, fabriqués à partir de terres rares, sont désormais incontournables pour produire batteries électriques, turbines d’éoliennes ou systèmes de guidage de missiles et de drones. A l’heure de la compétition géopolitique mondiale pour les technologies du XXIe siècle, ce futur hub européen situé à Lacq, en plein cœur des Pyrénées-Atlantiques, viendrait concurrencer la Chine, qui contrôle 70 % de la production minière de terres rares et 90 % de leur traitement. Une hégémonie devenue un danger mortel pour de nombreuses industries occidentales alors que Pékin conditionne de plus en plus ses exportations.
Pour Lacq, ce virage serait un nouveau chapitre de sa longue histoire industrielle. Le bassin local doit son existence à la découverte, en 1951, puis à l’exploitation, à partir de 1957, d’un gisement de gaz naturel par la Société nationale des pétroles d’Aquitaine, l’ancêtre d’Elf Aquitaine, aujourd’hui TotalEnergies. A l’époque, dans la plaine agricole entre Pau et Orthez, un gisement géant de 260 milliards de mètres cubes de gaz avait été mis au jour.
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