Alcatel Submarine Networks (ASN) et Orange Marine, la filiale du numéro un français des télécoms, ne cachent pas leur inquiétude à l’égard du système d’échange de quotas d’émission de CO2 de l’Union européenne (UE). Leurs flottes de navires dévolus à l’installation et à la réparation des câbles sous-marins, ces artères de fibre optique reposant au fond des mers et vitales au bon fonctionnement de l’Internet mondial, doivent prochainement intégrer ce marché du carbone visant à diminuer les émissions de CO2. Problème : ce qui s’apparente dans les faits à une taxe « met en danger [leur] compétitivité », alertent ces deux fleurons du secteur, dans une note conjointe destinée aux pouvoirs publics, non datée, à laquelle Le Monde a eu accès.
Au 1er janvier 2027, leurs navires câbliers seront intégrés à l’European Union Emissions Trading System. Ce mécanisme entend réduire les rejets de gaz à effet de serre, en imposant aux plus gros émetteurs de s’acquitter de droits à polluer. Cette taxe s’imposera à tous les navires de ce type, quelle que soit leur nationalité, dès lors qu’ils font escale dans un port européen : elle portera sur l’intégralité des émissions de CO2 de leur trajet lorsque celui-ci est effectué entre deux ports du Vieux Continent, et sur la moitié en cas de passage par un port étranger.
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