Nicolas Sarkozy est plus calme, plus grave, plus solennel aussi que devant le tribunal en première instance. Il a répondu pendant huit longues heures, mardi 7 avril, aux seules questions du président, avec une grande courtoisie et parfois un zeste d’obséquiosité, au procès en appel sur les soupçons de financement par la Libye de sa campagne présidentielle de 2007. L’ancien président de la République a réponse à tout, ne savait rien, et ne se prive pas d’envoyer en passant un petit jet d’acide sur ses coprévenus. Des réponses souvent « un peu étonnantes » pour le dubitatif président de la cour.
Comme toujours, Olivier Géron part de très loin pour resserrer peu à peu sa prise, et s’est longuement passionné pour la conquête du pouvoir du candidat Sarkozy, que l’intéressé raconte avec complaisance. « L’apnée pendant la campagne », les meetings « quand la salle vibre au même rythme que vous », puis « les quelques minutes de vertige » à l’arrivée à l’Elysée : « un président de la République n’est plus un homme politique. C’est un président. C’est l’histoire d’une vie », conclut modestement le prévenu.
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