Les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient s’annoncent douloureuses. Jeudi 9 avril, lors d’une audition au Parlement européen, Valdis Dombrovskis, le commissaire aux affaires économiques, a commencé à préparer le terrain. Il évoque désormais le « risque d’un choc stagflationniste », qui se concrétiserait par la triste combinaison d’une croissance en berne et de prix à la hausse.
Il n’est pas le premier à envisager un tel scénario. Le 26 mars, dans un entretien au magazine The Economist, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, faisait part, elle aussi, de ses préoccupations. « Nous sommes confrontés à un véritable choc, probablement bien plus grave que ce que nous pouvons imaginer pour l’instant », confiait-elle. « Les conséquences de cette crise ne seront pas de courte durée », avait enchéri, le 31 mars, le commissaire à l’énergie, Dan Jorgensen.
Même si les combats au Moyen-Orient devaient cesser définitivement, les dommages infligés aux infrastructures gazières et pétrolières depuis le 28 février auront des répercussions durables. En attendant de présenter ses nouvelles prévisions, mi-mai, la Commission estime aujourd’hui que, dans le meilleur des cas, la croissance pourrait en être affectée à hauteur de 0,2 à 0,4 point en 2026. « Si les perturbations devaient être plus substantielles ou durer plus longtemps, ajoute M. Dombrovskis, en 2026 comme en 2027, la croissance pourrait perdre de 0,4 à 0,6 point », pour tutoyer 1 % en moyenne, « et l’inflation, monter de 1,1 à 1,5 point », et dépasser 3 %.
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