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L’eurodéputée LFI Rima Hassan en garde à vue

Selon différentes sources, elle a été placée en garde à vue pour apologie du terrorisme dans le cadre d’une enquête autour d’un tweet qui aurait fait référence à l’un des auteurs d’un attentat lancé contre l’aéroport de Tel-Aviv en 1972, Kozo...

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L’eurodéputée LFI Rima Hassan en garde à vue
Source: Le Monde

L’eurodéputée « insoumise » Rima Hassan a reçu une convocation « pour être jugée du chef d’apologie de terrorisme commise en ligne », a annoncé, jeudi 2 avril, le parquet de Paris. Sa garde à vue a été levée. Son procès aura lieu « devant le tribunal correctionnel le 7 juillet », a précisé le ministère public.

« Pas de commentaire aujourd’hui, on fera une conférence de presse demain », a déclaré à la presse Rima Hassan, jeudi soir, à sa sortie de garde à vue, lors de laquelle « les gens étaient très corrects et professionnels », a-t-elle dit. L’eurodéputée a ensuite écrit sur X que « sur la base de fuites illégales, j’ai dû subir des accusations m’imputant la possession de plusieurs drogues. Ces accusations sont totalement fausses », a-t-elle tonné, précisant que seule la présence de CBD avait été constatée, « ce qui est parfaitement légal ».

Une source proche du dossier avait fait savoir qu’une petite quantité de drogue de synthèse avait été trouvée dans le sac de l’eurodéputée. Une information confirmée par la suite par le parquet. « La fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC [une drogue de synthèse], sur lesquelles elle a été interrogée, a communiqué le ministère public à l’issue de la garde à vue. Ces éléments sont disjoints et feront l’objet d’une procédure distincte. »

Mardi matin, l’eurodéputée franco-palestinienne LFI s’était présentée à la police judiciaire sur convocation, pour être placée en garde à vue. « Ce placement en garde à vue est possible, sans qu’il soit nécessaire de faire procéder à la levée de l’immunité parlementaire, dans le cadre de l’enquête de flagrance », avait expliqué le parquet.

Signalement de la part d’un député RN

La justice reproche à la parlementaire européenne de 33 ans une publication le 26 mars 2026 sur son compte X, qui faisait référence à Kozo Okamoto. Cet ancien membre de l’Armée rouge japonaise, groupe armé d’extrême gauche, ce dernier est le seul survivant parmi les trois auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l’aéroport israélien de Lod-Tel-Aviv, qui avait fait 26 morts, dont un Canadien, huit Israéliens et 17 citoyens américains de Porto Rico.

Accompagné de drapeaux du Japon et de la Palestine, le tweet de Rima Hassan reprenait des propos attribués au Japonais : « Kozo Okamoto : J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » Elle republiait aussi un texte en anglais sur Kozo Okamoto, « rappelant qu’il avait pris part à cette attaque et une photo sur laquelle il était porté sur les épaules d’hommes vêtus de treillis et de keffieh », a précisé le parquet.

Fin mars, le député (Somme, Rassemblement national) Matthias Renault avait fait savoir qu’il avait effectué un signalement auprès de la procureure de la République de Paris concernant ce message. La publication avait également été signalée au parquet par le ministre de l’intérieur, puis par l’Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.

Le placement en garde à vue de Rima Hassan a suscité une levée de boucliers dans les rangs de la France Insoumise. « C’est un nouveau cap franchi dans le harcèlement judiciaire visant à faire taire les voix qui défendent les droits du peuple palestinien », a déclaré son entourage. Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une « police politique », tandis que Manon Aubry, autre eurodéputée du mouvement, a fustigé un « harcèlement judiciaire ».

Six autres procédures en cours

Rima Hassan, qui avait déjà été convoquée par la police pour apologie du terrorisme au printemps 2024, est mise en cause dans six autres procédures, que le parquet ne souhaite pas commenter car elles sont « toujours en cours ». Elle est notamment ciblée depuis la fin de 2023 par une enquête judiciaire en France pour apologie du terrorisme, après avoir tenu des propos considérés comme une marque de soutien au mouvement islamiste Hamas, dans la foulée de l’attaque du 7-Octobre perpétrée par celui-ci.

Treize autres procédures menées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne ont été classées sans suite « après recherche des contextes dans lesquels ont été tenus les propos contestés, audition de l’intéressée ou jonction de ses explications fournies dans le cadre d’autres procédures voisines, et analyse de l’ensemble de ces éléments ». La plupart concernaient des tweets ou d’autres propos, signalés par l’OJE, d’autres organisations ou des députés.

Porte-drapeau de la cause palestinienne, elle ne cache pas ses positions très radicales sur l’Etat d’Israël, qu’elle qualifie de « terroriste », et multiplie les messages polémiques y compris sur les réseaux sociaux.

Elle avait été mise sur le devant de la scène par LFI au moment des élections européennes de 2024, où l’envoyer à Bruxelles était devenu un des principaux arguments de campagne des « insoumis ». Elle a également fait la une en embarquant à deux reprises à bord de bateaux en direction de Gaza, pour dénoncer un blocus humanitaire. Elle avait été temporairement détenue par les forces israéliennes après l’interception du navire.

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Le Monde

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