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« Les Israéliens nous bombardent par vengeance, parce qu’ils ont perdu » : le Liban, écrasé sous les bombes, compte ses morts

Quelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, une centaine de bombardements ont visé, mercredi, plusieurs quartiers du centre de Beyrouth, sa banlieue sud, ainsi que des villes et des villages de l’est et du sud...

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« Les Israéliens nous bombardent par vengeance, parce qu’ils ont perdu » : le Liban, écrasé sous les bombes, compte ses morts
Source: Le Monde

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ReportageQuelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, une centaine de bombardements ont visé plusieurs quartiers du centre de Beyrouth, sa banlieue sud, ainsi que des villes et des villages de l’est et du sud du Liban. Au moins 254 personnes sont mortes, selon la défense civile.

Debout dans l’entrée des urgences, les médecins de l’hôpital Rizk observent, dans un silence funèbre, des ambulanciers déposer sur un brancard un petit corps frêle enfermé dans un sac mortuaire noir. La mère de l’enfant, enveloppée dans une longue abaya noire, accompagne la dépouille sans la quitter des yeux, ses larmes contenues. Mercredi 8 avril, en début de soirée, des morts et des blessés arrivaient encore dans cet hôpital de l’est de Beyrouth, transférés depuis d’autres établissements, submergés. Un quart d’heure plus tôt, c’est le corps d’une mère, disposé dans un même sac noir, qu’une ambulance amenait pour qu’elle repose aux côtés de son fils à la morgue.

A 14 h 30, des bombes et des missiles israéliens s’étaient écrasés, de manière coordonnée, dans plusieurs quartiers du centre de Beyrouth, dans sa banlieue sud, ainsi que dans des villes et des villages de l’est et du sud du pays. En l’espace de dix minutes, dans une chorégraphie macabre, les forces israéliennes ont mené une centaine de frappes au cœur de quartiers résidentiels. Le caractère quasi simultané de ces bombardements et leur effet de surprise rappellent l’attaque aux bipeurs piégés, qui avait fait une quarantaine de morts dans les rangs du Hezbollah en septembre 2024. Mais cette fois-ci, le bilan est nettement plus lourd. La défense civile fait état de 254 morts et plusieurs centaines de blessés, tandis que le ministère de la santé, réputé plus lent à recenser les victimes, parle de 182 morts. Pour justifier ce déchaînement de violence, inédit depuis le début de la guerre contre le Hezbollah, le 2 mars, l’armée israélienne a prétendu avoir visé « une centaine de postes de commandement et d’infrastructures militaires » du mouvement chiite pro-iranien.

« On a reçu beaucoup d’enfants, éventrés et éviscérés, amputés ou avec des traumatismes crâniens. Et aussi, beaucoup de femmes. Certains meurent sur la route », se désole le médecin en chef de l’hôpital Rizk, Karl Jallad. En début de soirée, quatre morts et une quarantaine de blessés, la plupart dans un état critique, y avaient été amenés. « C’est la première fois, durant cette guerre et celle de l’automne 2024, que l’on reçoit autant d’enfants après des frappes. C’est parce qu’elles ont eu lieu dans des quartiers habités et sur des immeubles où vivaient des familles », explique Mariana Helou, la médecin en chef des urgences.

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Le Monde

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