Quelque chose de l’enfance affleure encore sur le visage rond et dans le sourire espiègle de Guirec Soudée. A 34 ans, le Breton se dit soulagé d’avoir « concrétisé ce projet de A à Z » : samedi 28 mars, il est revenu de son tour du monde en solitaire et à l’envers – soit contre les courants et les vents dominants – après 94 jours, 21 heures et 58 minutes en mer. Un record. Premier navigateur à boucler ce tour du monde en multicoque, il a également amélioré d’un peu plus de 27 jours la précédente marque de l’Amiénois Jean-Luc Van Den Heede, établie en 2004 à bord d’un monocoque (122 jours et 14 heures).
« Ce n’était pas gagné d’avance », explique au Monde le navigateur français, parti pour la première fois seul à bord d’un trimaran de la classe Ultim de 31 mètres de long. « Après le passage du cap Horn, la mer était très dure, avec des vagues de 6 à 7 mètres et des vents entre 40 et 50 nœuds [de 74 à 92 km/h] de travers. Le bateau prenait de violents coups de gîte [il s’inclinait fortement sur le côté], et j’avais peur de me retourner ou de casser quelque chose », se remémore le marin, pour qui il était alors inenvisageable de se reposer. Il a alors choisi de naviguer en « mode intelligence », remontant très au nord, loin de la route la plus directe, afin de préserver son trimaran, plus rapide mais aussi plus fragile qu’un monocoque dans ce type de navigation.
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