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ReportageContraints de quitter le sud du pays au gré des bombardements et des ordres d’évacuation de l’armée israélienne, des milliers de Libanais se résignent à enterrer leurs proches dans des sépultures provisoires, loin de leur terre d’origine.
Les portraits de Raqya et de Haydar Ali Qazout arborant des ailes d’ange dans le dos sont apposés contre un petit muret de pierre, dans le cimetière de Wardaniyé, une paisible localité montagneuse de la région du Chouf. Sœur et frère, ils sont âgés de quelques années, sans doute à peine 5 ans.
« Je ne sais quasiment rien d’eux. Et je doute que leurs parents soient toujours en vie. Des gens de Majdal Zoun, un village des environs de Tyr, au Liban sud, les ont amenés ici. Ils récupéreront les corps et les enterreront une seconde fois dans leur village si la guerre s’arrête », explique Ali Bayram, le maire de Wardaniyé, une ville mixte, chiite et chrétienne.
La guerre empêche pour le moment tout retour, et les habitants du Liban sud, chassés de chez eux, comme ceux de la banlieue de Beyrouth, se retrouvent contraints d’enterrer leurs proches de façon provisoire, avec l’espoir de rentrer un jour pour leur offrir une dernière sépulture. Cette pratique est devenue courante, alors que plus de 1 million de Libanais sont déplacés dans le pays, fuyant les bombardements ou soumis aux ordres d’évacuation de l’armée israélienne.
10 000 déplacés depuis début mars
« La religion impose une inhumation rapide. Mais elle permet aussi un enterrement dans un lieu temporaire en cas de circonstances exceptionnelles, comme la guerre », explique un imam de Beyrouth. Seule exception à la coutume : les corps sont placés dans des cercueils et non à même la terre pour en permettre ultérieurement l’exhumation.
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